RSF, officine de la CIA déballe sa nouvelle campagne de propagande anti Iran et anti Corée du Nord à l'occasion de cette 19e Journée internationale de la liberté de la presse, accusant ces deux pays de prendre trois journalistes femmes "en otage" en les accusant d'espionnage.
RSF veut attirer l'attention du grand public sur la journaliste irano-américaine Roxana Saberi condamnée par la justice iranienne à huit ans de prison pour espionnage au profit des Etats-Unis et réclame également la libération de deux journalistes américaines de la chaîne Current TV, Euna Lee et Laura Ling, détenues à Pyongyang, en Corée du Nord, depuis le 17 mars dernier.
Apparemment, les services de sécurité aux frontières de l'Iran et de la Corée du Nord sont moins stricts que ceux de leurs homologues israéliens, puisqu'ils ne s'assurent pas avant de laisser entrer les journalistes si, comme le dit ci dessus l'israélien Daniel Seaman, elles ne sont pas utilisées intentionnellement ou non intentionnellement à des fins d'espionnage ou de sabotage, les arrêtant seulement après les avoir laisser opérer librement sur leurs territoires. RSF affirme - sur quelles preuves ? Celles fournies par la CIA - que ces trois journalistes sont innocentes, accusées arbitrairement, manipulant au passage le côté féministe de l'affaire.
Qu'en est-il vraiment dans le cas de Roxana Saberi ?
Roxana Saberi, journaliste américaine de 31 ans, a été condamnée à 8 ans de prison pour, selon Téhéran, avoir été prise en flagrant délit d'achat d'information concernant le programme nucléaire iranien. C'est bien sûr une accusation grave portée à son encontre et qui doit être solidement étayée par des preuves irréfutables car sinon on peut craindre que Saberi ne soit la victime des intrigues politiques entre Washington et Téhéran. Le Président iranien, Mahmoud Hamadinejad, a demandé à ce qu'elle bénéficie d'un procès en appel rapide et juste.
L'affaire Saberi remet en lumière les actions clandestines menée par les gouvernements US successifs à l'intérieur de l'Iran. Bush a publiquement admis de telles actions. En 2007 et 2008, les médias américains étaient remplis d'informations concernant ces actions clandestines en Iran. Selon certaines de ces informations, des données sur le programme nucléaire de l'Iran ont été collectées. L'été dernier, le célèbre journaliste américain, Seymour Hersh, a écrit dans The New Yorker que Bush avait autorisé des actions clandestines afin de déstabiliser l'Iran. Obama, qui a hérité des directives présidentielles de Bush, pourrait avoir signer de nouvelles directives sans que cela soit connu du public. On peut déduire cela du fait que la Maison Blanche n'a pas abrogé les anciennes directives de la CIA et d'autres branches de la communauté des renseignements américains, portant sur des actions clandestines à l'intérieur de l'Iran.
Dés lors on peut comprendre la méfiance iranienne à l'égard de toute action suspecte sur son territoire de la part d'une journaliste ressortissante américaine, et la réaction de RSF, connaissant les liens de cette officine avec la CIA.
Saberi pourrait-elle être complice volontaire ou involontaire d'actions clandestines de collecte d'information sur le nucléaire iranien par les services secrets américains ?
Cette possibilité ne peut pas être exclue. En 1981, l'Iran et les US ont signé l'Accord d'Alger, les Etats Unis s'engageant à ne pas s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran. Les gouvernements américains successifs ont systématiquement violé cet Accord pendant des années. Les directives présidentielles de Bush, et probablement celles d'Obama, vont à l'encontre de cet Accord et ne peuvent que créer une état permanent de méfiance de l'Iran vis à vis de tout agissement suspect de journalistes américains sur son territoire, souvent d'ailleurs d'origine iranienne vivant à l'étranger et membre actif de l'opposition iranienne en exil, comme c'est le cas de Roxana Saberi.
A tort ou à raison ?
La CIA et ses officines à l'étranger telle RSF sont passées maître en matière de manipulation des opinions publiques pour discréditer tout pays cible de l'impérialisme américain et l'Iran est actuellement cette cible.